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La crémation par le pasteur Philippe

 Intro :

A/ Statistiques

Æ Quelques chiffres de l’année 1999 qui, vraisemblablement, sont à revoir à la hausse, car l’incinération est aujourd’hui un fait de société.

Æ C’est au Japon que l’on se fait le plus incinérer (env. 90 % des personnes décédées) puis l’Angleterre (70%), en Suisse (53%), en Belgique (45%), en Allemagne (28%) et enfin en France (14% en 1999, mais  33% semble-t-il aujourd’hui).

Nous n’avons pas de chiffres sur l’Inde faute de statistiques mais il doit être élevé puisque la tradition et la culture les conduisent à incinérer leurs défunts.

B/ Arguments

Æ Pour démontrer que l’incinération est une bonne méthode, plusieurs arguments sont énumérés, (coût, propreté, coutumes, mode…) :

-         C’est plus propre que l’enterrement. (mais l’hygiène dans nos pays est développé)

-         C’est moins cher au total. (le coût basique quelque soit la forme est quasiment identique, les pompes funèbres sont entreprises et ne vont pas perdre de l’argent).

-         Pas assez de place dans les cimetières (mais assez de place pour faire des autoroutes, des salles de spectacle, des stades, des aéroports, des hôtels, des complexes cinématographiques…)

-         Pas de tombe à entretenir (la paresse serait devenu un argument ?)

-         Avoir l’urne funéraire chez soi (peu le font)

-         Suivre les coutumes orientales (faire comme… c’est l’effet de mode)

-         La cendre c’est de la poussière donc c’est pareil et que dire des brûlés accidentels ou des condamnés pendant la seconde mondiale (ces arguments sont utilisés par les chrétiens au sens large du terme).

Æ Avec tous ces arguments, il apparaît, que de plus en plus de personnes se font incinérer, cela touche les milieux dits « chrétiens » et même évangéliques.

A ce jour on dénombre en France, plus de 170 associations crématistes regroupées en fédération.

 C/ Origine

Ce sont dans les pays orientaux que nous rencontrons ces pratiques, mais aussi chez les ancêtres germaniques.

a)      Les hindous.

Æ Ils croient que l’âme se réincarne dans des vies successives. Ainsi ils s’efforcent de briser ce cycle en se faisant incinérer et ils font répandre leurs cendres sur le gange. Par l’eau et le feu ils pensent échapper au cycle sans fin de la réincarnation.

Æ Les bouddhistes pratiquent aussi la crémation.

Æ On voit qu’incinération et réincarnation sont liées, mais la Parole de Dieu parle d’enterrement  et de résurrection.

b)     Les germaniques

Les défunts étaient incinérés de peur qu’ils ne reviennent dans l’au-delà, mais nous savons par la Parole de Dieu que ces choses, ces croyances sont diaboliques et démoniaques.

c)      Les athées

Æ Il est intéressant de se pencher sur les raisons des athées à la crémation.

Pour eux se faire incinérer marque une hostilité à la foi qui proclame la vie après la mort.

Même s’il s’en défendent puisqu’ils ne croient pas en l’existence de Dieu, il pense échapper au Dieu tout puissant, ainsi ils se font incinérer (de plus en plus aujourd’hui) pour échapper au jugement de Dieu. Certains vont jusqu’à faire répandre leurs cendres sur la mer.

Mais nous savons que personne ne pourra échapper au jugement de Dieu,

Hébreux 9/27 : « Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement ».

Apo. 20/13 : « La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux; et chacun fut jugé selon ses oeuvres. »

Æ Mais voyons ce la bible dit sur la crémation et sur l’enterrement.

 I L’ancien testament

A/ Les patriarches

Æ Abraham acheta une grotte comme tombeau familial pour son épouse, puis lui-même et ses proches. (Gen. 23/ 4 à 9 : Je suis étranger et habitant parmi vous; donnez-moi la possession d’un sépulcre chez vous, pour enterrer mon mort et l’ôter de devant moi.  Les fils de Heth répondirent à Abraham, en lui disant:  Ecoute-nous, mon seigneur! Tu es un prince de Dieu au milieu de nous; enterre ton mort dans celui de nos sépulcres que tu choisiras; aucun de nous ne te refusera son sépulcre pour enterrer ton mort.  Abraham se leva, et se prosterna devant le peuple du pays, devant les fils de Heth.  Et il leur parla ainsi: Si vous permettez que j’enterre mon mort et que je l’ôte de devant mes yeux, écoutez-moi, et priez pour moi Ephron, fils de Tsochar,  de me céder la caverne de Macpéla qui lui appartient, à l’extrémité de son champ, de me la céder contre sa valeur en argent, afin qu’elle me serve de possession sépulcrale au milieu de vous.).

Et dans Gen. 23/19, nous voyons qu’il ensevelit Sara dans cette grotte : « Après cela, Abraham enterra Sara, sa femme, dans la caverne du champ de Macpéla, vis-à-vis de Mamré, qui est Hébron, dans le pays de Canaan. »

Æ Jacob ordonna que ses os soient enterrés dans la grotte de ses pères (Gen. 49/29 à 33 : Puis il leur donna cet ordre: Je vais être recueilli auprès de mon peuple; enterrez-moi avec mes pères, dans la caverne qui est au champ d’Ephron, le Héthien,  dans la caverne du champ de Macpéla, vis-à-vis de Mamré, dans le pays de Canaan. C’est le champ qu’Abraham a acheté d’Ephron, le Héthien, comme propriété sépulcrale.  Là on a enterré Abraham et Sara, sa femme; là on a enterré Isaac et Rebecca, sa femme; et là j’ai enterré Léa. Le champ et la caverne qui s’y trouve ont été achetés des fils de Heth.  Lorsque Jacob eut achevé de donner ses ordres à ses fils, il retira ses pieds dans le lit, il expira, et fut recueilli auprès de son peuple.)

Æ Joseph fit jurer qu’après sa mort, il serait emporté par les enfants d’Israël lors de leur départ d’Egypte (Gen. 50/24 à 26 : Joseph dit à ses frères: Je vais mourir! Mais Dieu vous visitera, et il vous fera remonter de ce pays-ci dans le pays qu’il a juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob. Joseph fit jurer les fils d’Israël, en disant: Dieu vous visitera; et vous ferez remonter mes os loin d’ici. Joseph mourut, âgé de cent dix ans. On l’embauma, et on le mit dans un cercueil en Egypte.).

C’est ce que fit Moïse quand ils sortirent du pays d’Egypte.

Pourquoi ne pas avoir incinérer Joseph ? C’eût été moins cher qu’un embaumement égyptien ? C’aurait été plus facile de transporter une urne remplie de cendres qu’un corps embaumé, surtout pendant 40 ans.

L’incinération était exclue chez les Israélites, comme elle l’est encore aujourd’hui, aucun juif versé dans la Thora ne se fera incinérer, ce n’est pas à l’ordre du jour.

B/ La loi

Que dit-elle ? Quels ordres, consignes, Dieu a-t-il laissé au sujet de la mort ?

Le premier enseignement biblique est le suivant : Gen. 3/19 : « Car tu es poussière et tu retourneras à la poussière ». C’est ce que Dieu a dit à Adam.

Deut. 21/22 à 23 : « Si l'on fait mourir un homme qui a commis un crime digne de mort, et que tu l'aies pendu à un bois,  son cadavre ne passera point la nuit sur le bois; mais tu l'enterreras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu, »

Lév. 20/14 : « Si un homme prend pour femmes la fille et la mère, c'est un crime, on les brûlera au feu, lui et elles, afin que ce crime n'existe pas au milieu de vous. »

Lév. 21/9 : « Si la fille d'un sacrificateur se déshonore en se prostituant, elle déshonore son père, elle sera brûlée au feu. »

La loi ne laisse planer aucun doute, la mise en terre est une obligation, c’est pourquoi les juifs trouve l’incinération répugnante et proscrite.

De plus nous voyons que l’incinération est l’une des quatre peines capitales. (ex Acan et sa famille et les versets ci-dessus)

C/ Les exemples

Æ Amos 2/1 : « Ainsi parle l'Eternel, A cause de trois crimes de Moab, Même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt, Parce qu'il a brûlé, calciné les os du roi d'Edom. »

Dieu condamne par ce texte l’incinération, les seules fois où il a permis l’incinération c’est toujours à l’occasion d’un jugement.

Gen. 19/ 24 à 25 :  « Alors l'Eternel fit pleuvoir du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, de par l'Eternel.  Il détruisit ces villes, toute la plaine et tous les habitants des villes, et les plantes de la terre. » ll est question du jugement de Sodome et Gomorrhe.

Lév. 10/1 à 2 : « Les fils d'Aaron, Nadab et Abihu, prirent chacun un brasier, y mirent du feu, et posèrent du parfum dessus; ils apportèrent devant l'Eternel du feu étranger, ce qu'il ne leur avait point ordonné.  Alors le feu sortit de devant l'Eternel, et les consuma, ils moururent devant l'Eternel ». Apport du feu étranger par les fils d’Aaron.

II Rois 23/16 : « Josias, s'étant tourné et ayant vu les sépulcres qui étaient là dans la montagne, envoya prendre les ossements des sépulcres, et il les brûla sur l'autel et le souilla, selon la parole de l'Eternel prononcée par l'homme de Dieu qui avait annoncé ces choses ». Sacrifices par les Israélites en l’honneur d’idoles. L’expression : « les brûla sur l’autel et le souilla », c’est à dire il le rendit impur, montre que l’incinération des morts est contraire à la volonté divine.

Æ Il apparaît superflu de tirer argument en faveur de la crémation, du texte qui parle de l’incinération du corps de Saul et de ses fils car le texte parallèle parle d’enterrement

I Samuel 31/11 à 12 : Lorsque les habitants de Jabès en Galaad apprirent comment les Philistins avaient traité Saül,  tous les vaillants hommes se levèrent, et, après avoir marché toute la nuit, ils arrachèrent des murs de Beth-Schan le cadavre de Saül et ceux de ses fils. Puis ils revinrent à Jabès, où ils les brûlèrent; I  I Chron. 10/11à 12 : Tout Jabès en Galaad ayant appris tout ce que les Philistins avaient fait à Saül, tous les hommes vaillants se levèrent, prirent le corps de Saül et ceux de ses fils, et les transportèrent à Jabès. Ils enterrèrent leur os sous le térébinthe, à Jabès, et ils jeûnèrent sept jours.

De plus ce n’est pas à leur demande qu’ils auraient été brûlés,

Enfin n’oublions pas que Saül fut coupable aux yeux de Dieu pour avoir consulté une magicienne (nécromancienne).

La bible ne sont contredit pas, il ne faut pas sortir un texte de son contexte pour en faire un argument qui nous arrange.

 II Le Nouveau testament..

Tous les exemples que nous connaissons montre que c’est l’enterrement qui était pratiqué.

A/Lazare

Jean 11/11 :  « Après ces paroles, il leur dit, Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller. »

Jean 11/38 : « Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C’était une grotte, et une pierre était placée devant. »

Jésus, comme pour la fille de Jaïrus, parle de sommeil pour parler de la mort, l’incinération est incompatible avec l’image et le symbolisme que prend Jésus.

B/Jean-baptiste

Marc 6/36 : « Les disciples de Jean, ayant appris cela, vinrent prendre son corps, et le mirent dans un sépulcre. »

C/ Jésus

Jean 19/40 à 42 : «Ils prirent donc le corps de Jésus, et l’enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme c’est la coutume d’ensevelir chez les Juifs. Or, il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n’avait été mis. Ce fut là qu’ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche. »

D/ Etienne

Actes 8/2 : « Des hommes pieux ensevelirent Etienne, et le pleurèrent à grand bruit. »

E/ Les épîtres

Dans plusieurs épîtres, Paul parle d’ensevelissement.

Rom. 6/4 : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. »

Col. 2/12 : « ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts. »

I Cor. 15/4 : « qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures ; »

I Cor. 15/44 : « il est semé corps naturel, il ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps naturel, il y a aussi un corps spirituel. »

L’image pris, pour la mort à soi-même, par le baptême est l’ensevelissement.

Paul dans Corinthiens parle d’être semé, si on prend l’image de la semence, aucun agriculteur ne brûlera ses semences, mais il les confie à le terre, elles y meurent pour redonner la vie. On retrouve bien la mort, l’enterrement et la résurrection.

Conclusion

Æ Certains vont se poser la question suivante : qu’adviennent-ils de ceux qui ont été brûlés accidentellement ou qui sont passés dans les fours crématoires ou encore qui ont été incinérés par ignorance. Il est évident qu’au jour de la résurrection le Seigneur aura le pouvoir de leur donner un nouveau corps glorifié, car ils n’ont pas pu choisir ou s’opposer.

Æ Au vu des origines de la crémation, des textes bibliques qui condamnent l’incinération, qui montrent que tous les hommes morts ont été enterrés ; il paraît sage de refuser la crémation comme méthode d’inhumation.

S’il n’y a pas de certitude, la balance penche très en faveur de l’enterrement. De plus, pouvons-nous prendre le risque de déplaire à Dieu en se faisant incinérer ? La Parole semble suffisamment claire à ce sujet.

N’oublions pas que tous les chrétiens devront comparaître devant le tribunal de Christ (à ce tribunal le salut n’est pas remis en question).

Æ Si nous considérons que l’incinération est une interdiction stricte de Dieu et si nous nous entêtons, nous prenons le risque de transgresser la loi divine,. Puisqu’il y a un sérieux doute sur la possibilité de se faire incinérer, il vaut mieux s’abstenir.

Le jeu en vaut-il la chandelle, ne dit-on pas aussi qu’il ne faut pas jouer avec le feu ?

Ne nous y trompons pas , l’incinération participe à une conception humaniste, séculière et athée de la société