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Les Pas
dans le Sable
Longtemps
dans mes errances, j’abordais des questions sans réponse sur la
paradoxale présence du mal et de la souffrance dans un monde créé
par un Dieu juste
et tout puissant !
Pourquoi
ce mal, pourquoi cette souffrance, loin d’être des sanctions
frappant le pécheur et l’impie, étaient-ils subis par des âmes
innocentes ?
Dieu ne nous était-il pas présenté comme un être suprême,
d’infinie sagesse, d’infinie bonté, prompt a pardonner et présent
pour nous soutenir dans les pires épreuves ?
Pourquoi ce sentiment d’abandon, pourquoi ces déserts intérieurs,
pourquoi ces nuits blêmes ou vacille l’espérance ?
Et puis j’ai fait un rêve la nuit de Noël.
« Je cheminais sur la plage, côte à côte avec le Seigneur »
Nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte,
la mienne, et celle du Seigneur, l’idée me vint :
C’était un songe que chacun de nos pas représentait un jour de ma
vie, et je me suis arrêté pour regarder en arrière,
« J’ai vu toutes ces traces qui se perdaient au loin ».
Et je remarquai qu’en certains endroits, au lieu des deux
empreintes, il n’y en avait plus qu’une.
J’ai revu le cheminement de ma vie. O surprise !
les passages d’empreintes uniques correspondaient aux jours les
plus sombres de mon existence, jours d’angoisse et de mauvais
vouloir, jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur, jours d’épreuves et
de doutes, jours intenables.
Alors, me tournant vers le Seigneur, j’osai lui faire des
reproches :
Tu nous a pourtant promis d’être avec nous tous les jours.
Pourquoi n’as-tu pas tenu ta promesse ?
Pourquoi m’avoir laissé seul aux pires moments de ma vie, les jours
ou j’avais le plus besoin de ta présence ?
Alors le Seigneur me répondit :
"Mon fils, mon petit enfant, pas un seul jour je n’ai cessé
de t’aimer.
Les jours où tu ne vois qu’une seule trace de pas sur le sable, ce
sont les jours que je t’ai porté."
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