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Vietnam : atteintes à la liberté de religion

Les membres de congrégations religieuses, comme l'église Hoa Hao,
l'église bouddhique unifiée du Viêt-Nam (EBUV), l'église catholique
ou différentes congrégations protestantes, ont fait l'objet d'actes
de harcèlement et de mesures de détention en raison de leurs
activités religieuses, pourtant pacifiques.
Au
mois de mai 2001, le père Thadeus Nguyen Van Ly, prêtre catholique
du diocèse de Hué, a été arrêté dans son église, alors qu'il
s'apprêtait à y célébrer la messe. Thadeus Nguyen Van Ly, qui a
toujours fait état de son désaccord avec la politique du
gouvernement en matière religieuse, avait déjà été détenu sans
jugement pendant un an, entre 1977 et 1978, après avoir passé dix
ans en prison, de 1983 à 1992. La presse officielle a annoncé au
mois d'octobre 2001 qu'il avait été condamné à quinze années
d'emprisonnement pour « atteinte à la politique d'unité nationale
» et « non-respect d'une décision
administrative d'assignation à résidence
Le protestantisme vietnamien
On dit que le christianisme est la religion qui
augmente le plus vite au Vietnam, particulièrement parmi les
minorités ethniques du centre du pays. Avant l'arrivée du
christianisme, les populations étaient animistes. Le catholicisme
est arrivé dans les bagages des Français au milieu du 19e siècle. Et
le protestantisme au milieu des années 50 avec les missionnaires
américains qui traduisirent la Bible dans les langues des
Montagnards.
Depuis 1975, le nombre de protestants a quadruplé dans tout le
Vietnam. On évalue les fidèles entre 600 000 et 800 000 dont 200 000
à 400 000 sur les Hauts plateaux.
Si le protestantisme a eu et a tant de succès parmi
les Montagnards, surtout après qu'ils aient abandonné la lutte armée
contre le régime communiste au début des années 90, c'est qu'il a
permis de maintenir l'aspiration à l'indépendance, d'exprimer une
dissidence politique dans un contexte où tout autre protestation
était interdite. Les prédicateurs évangéliques utilisent souvent des
histoires de la Bible pour illustrer la lutte pour l'indépendance et
la terre promise et les réunions de prière sont souvent suivies de
discussions politiques, même si la démarche est critiquée par
d'autres pasteurs qui considèrent qu'on mêle trop facilement
politique et religion !
Aujourd'hui encore, un grand nombre de protestants de
ces montagnes pratiquent dans des groupes qui se réunissent dans des
maisons privées car il est interdit de construire des bâtiments
d'église et nombre de ceux qui existaient ont été détruits à coups
de bulldozer ou brûlés. Les services religieux ont lieu la nuit, de
2 h du matin à l'aube, alors que la police dort disent-ils...
La
protestation des Montagnards pour avoir la liberté de pratiquer dans
des églises de maisons non enregistrées a rejoint un mouvement de
protestation national. On estime ce protestantisme de maison à un
quart du protestantisme vietnamien.
En février 2001, plusieurs milliers de membres des
minorités, essentiellement des ethnies Edé et Banhar, ont mené une
série de manifestations pour demander l'indépendance, le retour de
leurs terres ancestrales et la liberté de culte.
Les autorités
vietnamiennes ont répondu aux manifestations par une vaste
démonstration de force, déployant des milliers de policiers et de
soldats pour disperser les protestataires. Dans les semaines et les
mois qui ont suivi les manifestations, les autorités ont arrêté des
centaines de Montagnards utilisant parfois la torture pour obtenir
des aveux et des déclarations publiques de remords de la part des
organisateurs des manifestations.
Elles ont aussi ciblé les
rassemblements religieux et arrêté des leaders religieux, assimilant
les églises évangéliques protestantes comptant de nombreux fidèles
montagnards à des organisations anti-gouvernementales. Certains,
parmi ceux arrêtés suite aux manifestations, ont été jugés et
condamnés à de lourdes peines de prison.
Depuis les manifestations de février 2001, les informations en
provenance de la zone sous tension sont difficiles à obtenir. Le
gouvernement vietnamien a interdit l'accès libre de la région aux
médias occidentaux, aux diplomates étrangers et aux fonctionnaires
des Nations Unies
Les tactiques répressives utilisées par le
gouvernement vietnamien pour endiguer la liberté d'expression et le
droit à la liberté religieuse sont nombreuses. Par exemple, les
autorités ont systématiquement conduit des « cérémonies de sang de
chèvre », dans des dizaines de villages à partir de juin 2001. Les
villageois ayant participé aux manifestations de février 2001 ont
été forcés de se tenir debout face à leur village rassemblé,
d'admettre s'être trompés, de s'engager à cesser tout contact avec
des groupes extérieurs et de renoncer à leur religion. Pour sceller
leur loyauté, ils furent forcés de boire du vin de riz mélangé à du
sang de chèvre.
Plusieurs centaines d'hommes ont encerclé un village, y ont pénétré
tard dans la nuit pour interrompre un service religieux prévu pour
durer toute la nuit. Dans un affrontement avec les villageois, les
forces de sécurité ont ouvert le feu sur la foule, tuant un
villageois. Elles ont alors brûlé l'église du village. D'abord la
police a ordonné à quelques civils vietnamiens de mettre à sac et de
détruire l'église avec des haches. Ils ont utilisé un câble accroché
à un véhicule pour la mettre à terre et les soldats ont utilisé
leurs crosses de fusils. Alors, ils ont obligé les Montagnards à la
brûler. « Tout le monde pleurait pour les morts et les blessés et
pour l'église."raconte un homme.
Voilà le sort qui est réservé aux protestants vietnamiens des
ethnies minoritaires… et des sévices pires ont eu lieu dans des
plantations de café où des femmes ont été stérilisées à leur insu.
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